hal-05719393 L'émergence d'Israël dans la documentation extrabiblique
Cet article examine les transformations du référent «Israël» entre sa première attestation sûre dans la documentation égyptienne, sous Mérenptah à la fin du xiii e siècle av. J.-C., et son apparition comme royaume territorial dans les sources du ix e siècle av. J.-C.. Plutôt que de présupposer une continuité sociale ou institutionnelle fondée sur la permanence du nom, l'étude distingue les différents seuils documentaires et confronte les données égyptiennes, assyriennes, moabites et araméennes à l'archéologie du Fer I et du début du Fer II. La stèle de Mérenptah désigne une collectivité humaine située dans l'horizon cananéen sans lui attribuer de souverain, de capitale ou de territoire délimité. Après un hiatus de plus de trois siècles, l'inscription de Kurkh, l'Obélisque noir, la stèle de Mésha et celle de Tel Dan font apparaître un Israël monarchique, militairement engagé dans les équilibres levantins, associé à une dynastie, à des territoires disputés et, chez Mésha, au culte de YHWH. L'époque omride constitue ainsi le premier horizon où plusieurs dimensions d'un État territorial deviennent simultanément observables, sans pouvoir être identifiée au commencement absolu d'Israël. Les réexamens récents des inscriptions de Mésha et de Tel Dan montrent en outre la nécessité de distinguer lecture matérielle, interprétation philologique et reconstruction historique. L'histoire qui relie l'Israël de Mérenptah au royaume du Nord demeure donc plausible dans sa continuité générale, mais discontinue dans sa documentation.